La gestion des risques dans les sociétés développées

Est-ce que le marché peut gérer des risques épidémiologiques comme l’infection au Coronavirus, qui a colonisé le monde entier à partir de l’épicentre de Wuhan? Bien sûr que non. Les risques sociaux sont couverts par les organismes publics mais aussi par des organismes mutualistes et bien sûr historiquement la famille a joué le rôle premier.

Il s’agira ici, de repérer les risques sociaux auxquels on s’expose. Le risque social est un évènement incertain qui peut affecter le niveau de vie d’un ménage en provoquant une diminution de ses revenus et/ou une augmentation de ses dépenses. Ces risques sont objectifs mais sont aussi subjectifs car ils ne sont pas ressentis de la même façon selon l’individu, le groupe social. Nous nous référerons au grand penseur de ‘la société du risque’, Ulrich Beck. Nous aurons ensuite un regard sur les institutions qui gèrent les risques et nous distinguerons le système d’assurance et d’assistance. Enfin, il s’agira de repérer les bienfaits du partage des risques, mais aussi d’analyser les effets-pervers liés à une gestion collective des risques. On reverra alors la notion d’asymétrie d’information.

Il s’agit de traiter la question à la fois d’un point de vue économique que d’un point de vue social. Nous porterons également un regard historique lorsque nous traiterons des acteurs de la gestion des risques.

Et si tu veux poursuivre la lecture, c’est à tes risques et périls… 🙂 

 

I. Les risques économiques et sociaux

A. Une diversité de risques

La famine, l’épidémie et la guerre, voila les trois fléaux qui ont ravagé le vieux continent pendant des décennies. Heureusement, aujourd’hui si on se réfère aux risques sociaux, il ne s’agit plus, de la famine ni de la guerre. Il s’agit de quoi? Risque de santé, et d’accidents du travail, risque de vieillir et de ne plus pouvoir subvenir à ses besoins, risque de perdre son emploi face aux évolutions technologiques notamment. Les risques sociaux sont porteurs d’angoisse car ils sont difficiles à évaluer. Nous avons du mal, même en nous référant aux experts, à maîtriser la gravité des conséquences et la probabilité d’occurrence du risque.

B. Une attitude différente face aux risques

Pour autant, le sentiment de risque social, le fait même d’imaginer que la société doit nous protéger du risque social, est très divers, selon les milieux sociaux. Certains groupes auront des conduites plus risquées. Il suffit par exemple de se référer aux conduites à risque à l’adolescence. A l’inverse, il existe une réelle aversion aux risques pour de nombreux citoyens. Cela signifie, que nos attitudes vont privilégier un gain limité mais certain à un gain plus élevé mais incertain.

 

II. Les acteurs de la gestion des risques

A. De la famille au pouvoir public

Historiquement, l’institution familiale est la cellule protectrice face aux risques extérieurs. C’est une de ses fonctions premières. Les parents nourrissent les enfants qui à leur tour s’occuperont des parents pendant la vieillesse. Les mariages arrangés permettaient de gérer le capital économique de la famille, permettant de nourrir la famille et de faire face aux risques sociaux. Beaucoup de sociétés agricoles continuent d’évoluer ainsi dans le monde.

Puis les corporations d’ancien régimes viennent apporter une protection au travailleur et à sa famille. Il s’agit ici, d’un premier pas vers la mutualisation des risques, le principe majeur consistant à transformer les risques individuels en risques collectifs. Les premiers secours apparaissent avec une pension donnée à la veuve du militaire mort pour la patrie, ou bien encore les mutuelles apparaissent dans le monde de la marine. C’est au XXe siècle que les acteurs publics vont prendre une place de plus en plus importante. Aujourd’hui, de nombreuses institutions sont acteurs du système de protection sociale c’est à dire des mécanismes de prévoyance collective face aux risque sociaux. La protection sociale  permet de faire face à la baisse des revenus ou aux augmentations des dépenses lorsque le risque survient.  En tout premier, nous faisons référence bien sûr à la Sécurité Sociale créée en France le 4 octobre 1945. Elle gère la maladie en remboursant partiellement les soins notamment, les accidents du travail et les maladies professionnelles, la vieillesse en versant la retraite et enfin le risque familial en versant des allocations familiales aux familles qui en ont besoin. La pauvreté est gérée par les collectivités locales qui distribuent notamment le Revenu de Solidarité Active socle à ceux qui ont le droit de l’obtenir, mais aussi par la Caisse d’Allocation Familiale qui dépend de la Sécurité Sociale.  Bien évidemment des associations caritatives comme Secours Populaire ou les Restos de du cœur viennent apporter un soutien bénévole indispensable à ceux qui en ont le besoin. Dans le domaine du logement, les offices d’Habitations à Loyers Modérés (HLM) ont un rôle clé. D’autres acteurs privés comme les mutuelles ou bien les assurances privées, ont également un rôle important.

B. De l’assistance à l’assurance (et réciproquement … comme dirait Desproges)

Intéressons nous maintenant à la redistribution. Nous allons nous attarder sur les deux formes de redistribution qui correspondent historiquement à deux parcours distincts.

Mais avant tout, rappelons qu’il existe trois logiques de protection sociale. La logique universelle, qui couvre certains risques sans contrepartie et sans condition préalable. Ainsi, pendant longtemps les allocations familiales étaient distribuées sans conditions de ressource. La logique d’assistance, qui repose sur un principe de solidarité notamment entre les plus favorisés et les moins favorisés, et enfin une logique d’assurance, qui donne droit à certaines prestations liées à un risque vécu mais qui est conditionné au versement des cotisations sociales.

Arrêtons nous sur la redistribution horizontale et reprenons le système d’assurance sociale hérité de l’époque de Bismarck et qui inspira en grande partie le système de protection sociale français. On parle parfois de régime corporatiste. Les pouvoirs publics fournissent une assurance sociale en contrepartie du travail fourni (par extension à toutes les personnes dépendante du travailleur). Ce système contribution/rétribution ouvre aux citoyens des droits envers la société. C’est ce qu’on appelle le droit “objectif”. Les prestations dont peut bénéficier le citoyen sont liées à une contribution. Il s’agit notamment des  pensions civiles ou retraites, des allocations chômage, des indemnités maladie

Maintenant, nous allons voir l’autre versant de la redistribution, la redistribution verticale dans une logique d’assistance : aide versée aux individus dans le but de leur fournir une protections sociale minimale. On dit qu’il s’agit d’un système beveridgien car l’anglais William Beveridge en est le fondateur en 1942. Par exemple ceux qui n’ont pas la possibilité de satisfaire leurs besoins peuvent bénéficier en France du Revenu de Solidarité Active socle. Cela correspond à 537 € en brute (2017).

 

III. La gestion des risques : entre bien-être et effet pervers

A. La mutualisation des risques : un bien être partagé

Grâce au filet de protection sociale mis en place par l’État, les individus peuvent éviter l’insécurité sociale, pour reprendre l’expression mis en avant par le penseur Robert Castel (1933/2013). On peut alors se projeter vers l’avenir, faire des projets, participer à la société de consommation. Tout cela a des répercussions positives sur l’ensemble de la société.

La protection sociale a permis un recul de la pauvreté, une augmentation de l’espérance de vie et a participer ainsi au développement économique.

 

B. Les effets pervers

Comme le montre le chapitre consacré aux défaillances de marché, le fait de se sentir protégé pousse certains individus à modifier leurs comportements et à prendre certains risques. Il s’agit ici du risque ex-post de l’aléa moral.

 

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