chocs cycles et fluctuations économiques

Les arbres ne montent pas jusqu’au ciel. Cet adage populaire, chargé de bon sens, devrait être gravé dans toutes les salles de marché. La volonté de gagner toujours plus est à l’origine des bulles spéculatives qui éclatent invariablement un jour. Mais il n’y a pas que des crises financières. Il y a également des chocs d’offre et de demande, des cycles du crédit qui entraînent dans le pire des cas déflation et dépression. Analysons tout cela.

Les notions du programme à connaître: fluctuation économique, crise économique. , dépression, déflation, désinflation

 

I L’évolution de la croissance économique

A. les fluctuations économiques

Nous repérons sur la graphique de l’INSEE une augmentation régulière du PIB depuis 1950, avec trois exceptions, 1974, 1993 et 2009. Par contre on constate que les rythmes de croissance économique sont très fluctuants.  (pour de la méthode regarde ici)

Les fluctuations économiques sont des variations de l’activité économique, d’amplitudes et de durée diverses. Lorsqu’on constate une hausse du rythme de croissance on peut parler d’expansion. Par contre lorsqu’il y a une baisse de l’activité économique,on doit distinguer la récession et la dépression.

La récession se caractérise par un ralentissement du cycle économique ou éventuellement un recul temporaire de la production

Remarque: aux États-Unis la récession se définit par la baisse de la production pendant deux trimestres consécutifs 

La dépression est une baisse  de la production qui a des conséquences majeures notamment la hausse du chômage et la déflation autrement dit la baisse des prix avec des conséquences économiques et sociales dramatiques.

 

A partir de l’observation des fluctuations économiques, les économistes ont très vite tenté de les modéliser. Les cycles économiques sont des modélisations des fluctuations économiques.

 

Burns et Mitchell, deux économistes américains du début du siècle dernier, ont  été parmi les premiers à proposer le schéma d’un cycle économique

D’autres auteurs se sont attachés à retrouver les dates de retournement des cycles économiques. On peut citer:

Le cycle Kitchin (1923). Ce sont des cycles économiques de 3/4 ans et qui sont liés à la gestion des stocks. Lorsqu’il y a une baisse de la demande, les entreprises font dans un premier temps des stocks et cela réduit l’activité. Lorsque les stocks sont épuisés, les entreprises doivent redémarrer un cycle de production ce qui marque la période d’expansion.

Le cycle des affaires, on dit encore cycle majeur ou cycle Juglar (1860). Ce sont des cycles de 8/10 ans. C’est l’investissement plus ou moins important qui explique le début de la récession ou le début de l’expansion.

On comprend aisément la logique de tels cycles,  pour autant pendant les 30 glorieuses il est difficile de repérer ces fameuses périodes de 8/10ans.

Le cycle long ou cycle Kondratiev

                                      Le saviez-vous?

Kondratiev

Kondratiev (1892/1938) est un économiste russe qui a travaillé sur les rythmes économiques et ses travaux l’amènent à mettre en avant des cycles économiques dans les sociétés capitalistes. Ces travaux ne plaisent pas du tout à Staline, puisqu’ils préfigurent l’idée qu’après la grande dépression d’après 1929, les pays capitalistes, ennemis jurés de l’URSS, pourraient retrouver une période d’expansion et de prospérité. Condamné à la déportation dans les goulags sibériens, Kondratiev meurt fusillé en 1938.

C’est J.A Schumpeter (1883-1950) célèbre économiste autrichien qui a nommé les cycles Kondratiev. Schumpeter reprend les travaux de Kondratiev et montre que les innovations sont au cœur de l’explication des cycles économiques. Des grappes d’innovations permettent de démarrer des périodes d’expansions économiques.

Les cycles d’innovations sont célèbres puisqu’elles mettent en avant les innovations économiques qui sont aujourd’hui encore considérées comme l’élément moteur de la croissance économique. Cependant le monde à bien changé depuis J.A Schumpeter, les inventions se sont routinisées avec les centres de Recherche&Développement et le rythme des innovations s’est fortement accéléré, remettant en cause des cycles d’une période d’environ 50 ans.

 

B. La diversité des crises économiques

Crise, quelle crise? S’interrogeait Yves Montand dans un documentaire diffusé sur A2 en 1984 et de conclure par un ‘Vive la crise’ qui a lancé une belle polémique. Le mot crise est tellement galvaudé qu’il est nécessaire de le redéfinir.

Étymologiquement le mot est un terme médical qui désigne le moment de basculement dans la maladie. Ainsi au sens étroit, la crise économique c’est la période de retournement de la conjoncture économique. Le retournement est lié à une période d’euphorie, de confiance, de bulle … puis le doute s’installe, le manque de confiance … qui entraîne un cercle vicieux. Plus généralement au sens large,  la crise peut être assimilée à l’ensemble de la période de récession ou dépression

Remarque: il ne faut pas confondre la récession et la dépression. La récession se caractérise par un ralentissement de la croissance économique et s’accompagne souvent d’une désinflation c’est à dire un ralentissement du rythme de croissance de l’inflation – augmentation générale du niveau des prix –  Ce fut le cas notamment après le premier choc pétrolier intervenu à l’automne 1973.

La dépression est tout autre. L’exemple canonique c’est la crise de 1929 marquée par un chômage de masse et une déflation c’est à dire une baisse des prix aux conséquences ravageuses.

Pourquoi la baisse des prix à telle des conséquences aussi marquées? Les mécanismes explicatifs sont multiples. Du côté des consommateurs lorsque les prix sont à la baisse alors ils reportent leurs velléités d’achat puisqu’on peut penser que plus tard on pourra acheter moins cher qu’aujourd’hui. Au niveau macroéconomique cela entraine une forte réduction de la demande qui va affecter la production des entreprises. Du côté des producteurs la confiance est rompue, la demande effective, c’est à dire la demande anticipée par les entreprises va chuter et les entreprises n’ont plus intérêt à investir et embaucher. Du côté de l’État, c’est l’effet ciseau: les recettes fiscales chutent car les acteurs économiques perçoivent moins de revenus alors qu’à l’inverse les dépenses fiscales augmentent via l’augmentation des dépenses sociales.

II les principaux schémas explicatifs des fluctuations

Il n’y a pas de consensus sur les explications. On distingue deux visions différentes plutôt complémentaires que contradictoires

A. Les explications exogènes

Certains économistes pensent que les fluctuations sont liées à des chocs exogènes, autrement dit des chocs qui ne sont pas liés directement à l’activité économique.

Prenons deux exemples:

. Dans les crises agricoles d’ancien régime les chocs climatiques peuvent expliquer de mauvaises récoltes qui ont alors des répercussion majeures. Aujourd’hui encore dans les pays pauvres, les chocs climatiques peuvent affecter lourdement l’économie du pays.

. Un exemple récent dramatique; la guerre qui affecte la Syrie a violemment stoppé l’activité économique et engendré le cercle dépressif que tu connais.

On doit distinguer plus spécifiquement les chocs d’offre et de demande

Un choc d’offre est une perturbation de l’économie liée à une variation brutale à la hausse ou la baisse des coûts de production.

Différents exemples :

Un choc d’offre négatif: la hausse des coûts pétroliers (choc pétrolier 1974) 

Un choc d’offre positif :  un choc technologique qui entraine une baisse des coûts de production qui peut entrainer sur un marché concurrentiel une baisse des prix et une augmentation de l’offre.

 

Un choc de demande est une perturbation de l’économie liée à une hausse ou une baisse brutale de la demande

Différents exemples:

Un choc de demande négatif : une baisse brutale de la demande en 1929

Un choc de demande positif : une baisse du taux d’épargne .

Je te conseille de t’entrainer avec les quelques exemples (proposés par l’académie de Grenoble)

 

B. Le cycle du crédit: une explication endogène

On peut considérer que les variables à l’origine de la crise ne sont pas exogène. C’est un mécanisme cumulatif et auto-entretenu qui est à l’origine du problème. Analysons le schéma de pensée:

Le point de départ de la crise est lié à des incertitudes sur l’avenir et sur des risques de défaut de paiement pressenti. Les banques restreignent alors les crédits bancaires aux entreprises et aux ménages, ce qui entraine le cercle vicieux récessionniste: moins de demande donc moins de production et donc moins d’emplois

Philippe Herry 

MAJ 06/2017

 

Une réponse à chocs cycles et fluctuations économiques

  • Ce site est très bien organisé, et permet une bonne compréhension des Sciences Economiques et Sociales qui me permettra d’avoir une bonne note au baccalauréat ( inchallah ) grâce au travail de Mr Herry et de ses compères.

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