contrôle social, déviance, délinquance

Plus de caméras dans les lieux publics et plus de forces de police pour nous protéger! Nous rentrons dans un dispositif sécuritaire, qui semble être le seul remède pour nous protéger. Et pourtant… 

Les notions du programme à connaître: contrôle social formel et informel, stigmatisation, déviance, anomie, chiffre noir de la délinquance et enquête de victimisation.

I. Comment le contrôle social s’exerce-t-il ?

Le contrôle social désigne les processus qui permettent à la société de réguler les comportements de chacun. Notre comportement est donc lié aux normes que nous avons intériorisées.

                                       Le saviez-vous?

L’expérience de Milgram

Jusqu’à quel point sommes nous capables d’accepter les règles de vie en communauté et notamment d’obéir à un ordre? C’est pour vérifier ce niveau d’obéissance que le psychologue américain Stanley Milgram a imaginé, dans les années 60, une expérience originale mettant l’individu face à un conflit: obéir aux ordres de scientifiques qui symbolisent finalement  le savoir légitime ou désobéir aux ordres qui nous semblent moralement condamnables! Pour connaître les résultats, je te laisse visionner la vidéo (10′)

On  distingue traditionnellement le contrôle social formel exercé par des institutions spécialisées et le contrôle social informel exercé par chacun d’entre nous.

A. Le processus du contrôle social informel

Le contrôle social informel est exercé par les individus au cours de leurs interactions quotidiennes. Il permet de contraindre l’individu à se conformer aux normes acceptées par le groupe.

Les individus exercent consciemment ou inconsciemment le contrôle social. C’est par exemple un regard de désapprobation lorsque qu’une personne coupe la queue dans un grand magasin, le sourire aimable que l’on adresse à une personne qui nous fait un compliment. Les applaudissements nourris lorsqu’on souhaite montrer notre contentement lors d’un spectacle etc. Ces pratiques quotidiennes guident la façon de se comporter de chacun d’entre nous. Ainsi nous jugeons le comportement d’une personne en fonction des normes que nous partageons avec le groupe puis nous appliquons une  sanction. Attention! En sociologie on considère que le sanction peut-être positive ou négative.

Sanctions positives

Sanctions –

Approbation par des signes, des gestes.

Un sourire, une tape amicale dans le dos, une accolade

Un regard désapprobateur

En classe des élèves vont demander aux élèves bavards de se taire. Ils vont s’éloigner d’eux pour leur faire comprendre que leur comportement n’est pas attendu.

 

L’individu qui a intériorisé les normes, met alors en place un contrôle social interne , c’est à dire  un contrôle auto-consenti. L’individu se conforme aux attentes du groupe parce qu’il a intégré la nécessité de le faire. C’est ce qui amène ‘Le processus de civilisation’ selon le sociologue N. Elias (1897/1990).

Autrefois dans les sociétés plus traditionnelles, dans les communautés villageoises le contrôle social informel était prépondérant. Avec l’urbanisation, l’individualisme qui se développe dans les sociétés modernes, le contrôle social informel s’affaiblit au profit du contrôle social formel

B. Le processus du contrôle social formel

Le contrôle social formel définit le contrôle des règles de vie en société par des institutions spécialisées, par exemple la police, la justice, ou encore dans un lycée le conseiller principal d’éducation mais aussi le proviseur.

On retrouve alors, les sanctions administratives. Prenons les exemples liés à la vie de tous les jours dans ton lycée. On retrouve les punitions dans une matière, une colle si il y a un manquement aux règlement intérieur du lycée, éventuellement un conseil de discipline, mais aussi des bonnes notes pour les élèves qui ont satisfaits aux évaluations, des remarques positives lorsque les élèves ont le comportement attendu …

Avec la montée de l’individualisme, qui se caractérise par le fait que l’individu s’émancipe des tuteurs, le contrôle social formel s’étend à de plus en plus aux domaines de la vie en société. C’est dans ce cadre qu’il faut replacer le thème de la vidéosurveillance. Dans une société où le contrôle social informel est moins prégnant, alors on comprend que le maintien des règles de vie en société est assuré en premier lieu par les institutions publiques, l’armée, la justice, la police et la gendarmerie … et dans un monde où les budgets de l’Etat ne sont pas extensibles et qu’il est donc nécessaire de réduire les dépenses, il est tentant de remplacer l’humain par des machines, on dit encore comme tu le sais, substituer des travailleurs par des machines. Ici, il s’agit de substituer des agents de sécurité par des caméras qui visionnent 24 heures sur 24 sans faire d’erreur.

Nous allons  déplacer notre regard . En effet si le contrôle social consiste à assurer le maintien des règles alors cela participe à la lutte contre la déviance.

II. Quels sont les processus qui conduisent à la déviance?

A. La déviance?

La déviance est la transgression des normes en vigueur dans la société. Cela concerne les normes formelles, les lois, les règlements mais aussi les normes informelles

On peut distinguer la déviance primaire et la déviance secondaire. La déviance primaire est liée aux infraction bénignes qui ne modifient pas l’individu et la déviance secondaire transforme l’individu qui intériorise alors le regard de la société. On retrouve ici, le stigmate, c’est à dire l’attribut d’une personne ou d’un groupe qui jette le discrédit sur lui ou eux.

B. la déviance expliquée par des situations anomiques

Le terme anomie au sens de Durkheim est lié à l’ affaiblissement des normes ou à un degré plus élevé à la désorganisation sociale …

C’est par exemple le cas de la personne qui perd son emploi et qui face à une certaine forme de pauvreté et d’exclusion de la société peut être tentée de voler.

Mais on peut aussi considérer que la déviance n’est pas un problème pathologique, c’est ce nouveau regard que vont explorer les sociologues américains de l’école de Chicago


                                       Le saviez-vous?

L’Ecole de Chicago.

Il existe en réalité deux écoles de Chicago en ce qui concerne la sociologie. Le premier courant de pensée ou école de pensée prend naissance à la fin duXIXe siècle et jusqu’au début des années 30. Dans une ville qui se développe très vite, comme le dessine d’ailleurs Hergé dans Tintin en Amérique,  il est intéressant de comprendre la géographie spatiale de la ville, les regroupements interethniques, les conflits, la délinquance, la violence qui se fait jour. Les premiers sociologues de l’ Ecole de Chicago vont alors prôner l’étude de terrain, l’observation participante. C’est cette façon de travailler en sociologie qui va être reprise et approfondie par la deuxième Ecole de Chicago, avec des auteurs comme Howard Becker, Anselm strauss ou Erving Goffman. Ils vont alors analyser la déviance, les processus qui conduisent à la déviance, dans une perspective nouvelle: l’interactionnisme symbolique! La construction de notre identité se fait sur la base des interactions quotidiennes avec notre groupe social.

Ils ont transformé le regard que nous portons sur la déviance.

 

C. la déviance: le produit d’un étiquetage

La déviance est construite par ceux qui portent le regard réprobateur sur la transgression de la norme.

Ainsi, il existe des entrepreneurs de morale pour reprendre l’expression d’ Howard Becker, c’est à dire des individus qui créent les normes sociales et qui se chargent de les faire respecter. Les personnes qui ne respectent pas les normes vont être étiquetées et la construction de leur identité va se faire à travers ce regard désapprobateur. Une carrière déviante va se construire étape après étape.

III. Comment mesurer le niveau de la délinquance

A. La délinquance : une norme juridique

La  délinquance est une déviance qui fait l’objet d’une sanction pénale. Il y a donc différents degrés de délinquance

Prends différents exemples pour classer différents actes délinquants. on peut distinguer 3 groupes. La délinquance qui fera l’objet d’une sanction pénale mineure (contravention) , celle plus importante qui caractérise le délit et en dernier lieu, le crime

On pourra débattre sur la norme juridique pratiquée dans une société. Plus la norme juridique est forte et plus cela fera augmenter ou diminuer le niveau de délinquance. Pendant très longtemps le port de la ceinture n’était pas obligatoire en voiture mais à partir du moment où, pour des raisons évidentes de sécurité, on a sanctionné le manquement au port de la ceinture, le niveau de délinquance a augmenté. 

 

B. Les victimes d’actes délinquants

Le chiffre noir de la délinquance : criminalité réelle – criminalité mesurée ou apparente . Ce chiffre est inconnu, il est ‘noir’

Les enquêtes de victimisation. Cela correspond à une volonté sociologique d’analyser les atteintes aux personnes et aux biens

Il existe un décalage important entre les statistiques officiels de la délinquance et les enquêtes

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