Les grandes questions des économistes

Un économiste dira demain, pourra ce qu’il avait prévu hier, ne s’est pas passé aujourd’hui. Cette belle boutade, nous rappelle vivement que la science économique est une science sociale et qu’aucun modèle économique, aussi bien construit soit-il, ne pourra prédire avec certitude.

Faisons un petit tour pour saisir comment les économistes raisonnent.   Comment un acteur économique fait-il des choix? Qu’est-ce que produire? Comment on répartit cette production? 

 

I. Dans un monde aux ressources limitées, comment faire des choix?

     A. L’économie : gérer des ressources rares

     Dans la société il existe un certain nombre de biens naturels ou gratuits , tel que l’air, l’eau, profiter de la nature. Ce sont des biens libres. Cependant ils ne répondent pas à tous nos besoins. Un besoin c’est un sentiment de manque car nos ressources limitées ne nous permettent pas de répondre à tous nos désirs. Nous pouvons remarquer que dans nos sociétés développés nous pouvons satisfaire de nombreux besoins physiologiques comme manger ou se vêtir mais pour autant nous ne sommes pas satisfaits car la société de consommation attise en permanence nos besoins ce qui crée de nouveaux désirs c’est à dire la recherche de la satisfaction matérielle qui viendra combler le besoin. . Nous connaissons donc la rareté puisque nous avons des désirs illimités et des ressources limités.

La sciences économique peut alors être considérée comme la science qui gère la rareté des ressources. Nous nous intéressons donc aux biens économiques c’est à dire aux biens non satisfaits par la nature et qui de ce fait nécessite le travail de l’homme.

      B. La rareté impose des choix

      Nos désirs illimités et nos ressources limitées imposent des choix. Tout choix implique un renoncement. Le coût de ce renoncement c’est ce qu’on appelle le coût d’opportunité qui mesure le coût du sacrifice auquel on souscrit pour satisfaire son désir.

Il existe alors du vocabulaire spécifique:

En économique on considère que l’ utilité d’un bien se mesure à la satisfaction qu’il procure.

Une contrainte budgétaire c’est lorsque nos ressources sont limitées par nos revenus, mais aussi par le niveau des prix.

Un prix relatif c’est la valeur d’un bien par rapport à un autre bien

L’analyse du modèle:

Pour comprendre l’économie, nous devons modéliser c’est à dire représenter de façon simplifiée, la réalité.

Ainsi, nous avons émis des hypothèses , ce qui nous permet d’analyser les situations et de trouver des solutions

La modélisation économique est la façon de procéder en économie d’une façon scientifique. Bien sûr les résultats que l’on trouve sont liés à nos hypothèses de départ qui son critiquables puisqu’on a simplifié l’économie. Mais cependant le modèle permet d’analyser les comportements dans la société.

Ici les hypothèses sont:

– le consommateur est rationnel (homo œconomicus) et il connait toujours ses préférences (ses goûts)

– on désire toujours plus

 

         C. Comment faire des choix?

         L ‘utilité d’un bien décroit au fur et à mesure que la consommation augmente. C’est l’utilité marginale. En fonction de notre contrainte de ressources, nous allons consommer un bien jusqu’à ce que la satisfaction que nous procure ce bien soir inférieur à celle que l’on pourrait avoir en consommant un autre bien.

                                Le saviez-vous?

Des économistes du début du siècle dernier, considérait le prix d’un bien selon son utilité, c’est à dire le sentiment de plaisir qu’il procure. Mais cela était subjectif . C’est pour cela qu’un célèbre économiste d’origine italienne Vilfredo Pareto a introduit ce qu’il a appelé les utilités ordinales. C’est à dire que nous pouvons classer, ordonner les utilités des biens en les comparant entre eux. C’est l’origine de la notion de préférence du consommateur, Nous pourrions ainsi classer nos besoins et nos biens désirés et les confronter alors aux offres des producteurs. Mais est-ce vraiment comme cela que ça se passe?

 

II. La production

     A. Qu’est-ce que produire?

On considère ainsi en économie qu’une personne produit lorsqu’elle est rémunérée pour la réalisation de biens ou de services marchands ou non marchands.

La production correspond ainsi à l’ensemble des biens et services produits.

 

En France les entreprises produisent des biens ou des services marchands. Comme dans tous les pays développés les services représentent aujourd’hui l’essentiel de la production ou plus précisément de la valeur ajoutée. En France c’est presque 80 % de la production du pays.

De plus, on constate que la production est essentiellement marchande c’est à dire qu’elle est échangée sur le marché, la rencontre entre l’offre et la demande, qui détermine un prix.

Cependant il existe également une production non marchande.  Par exemple, l’éducation ou la santé. 

 

     B.  Comment mesurer la production?

 -> La production marchande?

La production marchande est calculée en additionnant l’ensemble des valeur ajoutées de toutes les entreprises du pays. La valeur ajoutée c’est la production réalisée calculée grâce au chiffre d’affaire moins la consommation intermédiaire. Un exemple  des entreprises de la branche agriculture, sylviculture, pèche 

chiffre d’affaire     –    consommation intermédiaire  = valeur ajoutée

79,8 milliards €        –       49,8 milliards €                =     30 milliards € 

 

-> mesurer la production non marchande?

La production non marchande est calculée en prenant en compte les coûts de la production

 

Si on additionne la production marchande et la production non marchande du pays on obtient le Produit Intérieur Brut. Plus précisément la formule pour calculer le PIB est:

PIB = Somme des valeur ajoutées + impôts sur les produits (TVA et impôts sur les importations) – les subventions

En 2009, il est de 1721 milliards d’euros. Cela correspond finalement à la richesse économique de la France.

Le taux de variation du PIB d’une année à l’autre correspond à la croissance économique. Par exemple la croissance économique en 2009 a été de 1,6 % !! Une croissance négative est très rare mais comme tu le sais à partir de 2008 on ressent vigoureusement la crise économique.

La croissance économique est un indicateur important car plus elle est élevée et plus on peut penser qu’il y a aura des créations d’emplois .

 

        C. Le PIB: est-ce une bonne mesure de la production?

                                Le saviez-vous?

Simon Kuznets (1901/1985) est un grand économiste américain qui est à l’origine du PIB. Au début du siècle dernier , les techniques pour comptabiliser la production d’un pays reste parcellaire. Après la crise des années 30 et l’effondrement de la production aux Etats-Unis, le gouvernement décide de se doter d’outils statistiques performants pour calculer la production et son évolution. C’est dans ce cadre que Simon Kuznets invente 2 agrégats, le produit net qui deviendra le PIB et le taux de croissance . Il n’est pas étonnant que dans la société américaine des années 30, très matérielle, la richesse du pays soit l’addition des productions matérielles. Mais aujourd’hui… le PIB est-il la bonne mesure de la richesse?

 

 

Le PIB, une mesure de la richesse qui ne prend pas en compte le gaspillage, les nécessités d’économiser l’énergie. Le PIB ne prend pas en compte certaines activités non marchandes qui contribuent à notre bien-être. Le bénévolat, les biens collectifs comme la sécurité, la justice, l’éducation… Pourtant ce sont des richesses.

Finalement on s’aperçoit que la mesure de la richesse correspond à ceux que l’on veut mettre en avant. Ainsi dans notre société matérielle, la richesse est basé essentiellement sur la production de biens et services. Les ressources limitées de notre planète et les défis d’un environnement durable, nous amène régulièrement à imaginer de nouvelles façons de mesurer la richesse d’un pays..

Un exemple: l’IDH. Qu’est-ce que c’est? L’ Indice de Développement Humain que tu as déjà définis au collège permet de mesurer le niveau de développement d’un pays en prenant en compte 3 indices clés; le niveau de vie (PIB/habitant), le niveau de savoir(on prend en compte le taux d’alphabétisation des adultes et le nombre moyen d’années d’études) et la longévité (l’espérance de vie). L’IDH est compris entre 0 et 1 et plus il s’approche de 1 et plus le pays est développé.

 

III. Comment répartir les revenus et la richesse?

        A. La répartition primaire des revenus

Tous les acteurs économiques qui ont participé directement ou indirectement à la création de valeur ajoutée perçoivent un revenu . Les travailleurs perçoivent les salaires au sens large qui comprend le salaire net mais aussi les primes, l’Etat perçoit les impôts et le revenu de l’entreprise correspond au profit ou plus exactement à l’Excédent Brut d’Exploitation (EBE) 

EBE = Valeur ajoutée  + Subventions d’exploitation -Impôts et taxes – Charges de personnels

Il existera toujours un conflit,autour de la répartition de la valeur ajoutée entre les 2 acteurs centraux qui ont créé la valeurs ajoutée: les salariés qui souhaitent obtenir plus de salaires au sens large et  les propriétaires de l’entreprise qui veulent un profit plus important.

 

Finalement les revenus primaires des ménages correspondent aux revenus du travail, aux revenus de la propriété et encore aux revenus mixtes pour les travailleurs indépendants

 

Cependant certaines personnes ne participent pas à la production: chômeurs, personnes âgées, handicapés, …. comment percevoir des revenus? Qui peut satisfaire ces revenus et comment?

 

     B. La répartition secondaire des revenus

Pour pouvoir permettre à tous les individus d’avoir un niveau de vie décent, l’État va mettre en place une redistribution des revenus

Le Revenu Disponible Brut (RDB) = revenus primaire – prélèvements + revenus  de transfert

revenus primaires

revenus salariaux revenus de revenu du capital

l’entreprise individuelle*

revenus de transfert**

salaire revenu de l’entrepreneur, loyer

dont SMIC de l’artisan, de la profession intérêt

prime et libérale … dividende

intéressement

RSA

allocation chômage

allocation familiale

retraite

* on dit encore revenus mixtes car les revenus sont issus du travail et du capital

** on dit encore revenu secondaire ou tout simplement prestations sociales.

 

IV. L’équilibre emplois-ressources

Raisonnons avec un modèle d’économie fermée.

PIB + M = C + FBCF + G + VS + X avec M importation/ C consommation finale des ménages/ Formation Brute de capital Fixe/ G dépenses publiques/ VS variation des stocks/ X exportations

 

Cet équilibre comptable qui est toujours confirmé à un instant T,  s’accompagne de déséquilibre économique entre 2 périodes. Par exemple,  si l’offre globale > demande globale alors cela engendre des périodes de récession voire de dépression.Inversement lorsqu’il y a une surchauffe économique avec une demande globale qui surpasse l’offre globale alors cela crée une tension inflationniste. Les prix ont tendance à augmenter car la demande massive fait augmenter les prix.

Enfin dernier exemple de déséquilibre économique. Lorsque les importations sont plus élevées que les exportations, cela crée un déséquilibre du commerce extérieur.

 

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