Les choix de localisation des firmes multinationales

 

 Le sujet France 2017  est suivi d’une proposition de plan

Le Raisonnement s’appuyant sur un Dossier Documentaire

À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous montrerez que les choix de localisation des firmes multinationales répondent à différentes logiques.

DOCUMENT 1

Divers facteurs déterminent la décision d’IDE(1). La firme ne s’engage pas si elle n’a pas conscience de détenir des avantages compétitifs spécifiques […].

Quant aux pays où elle est susceptible de s’implanter, ils doivent présenter des avantages comparatifs.

Du côté de la demande, il s’agit de la taille ou de la richesse (fort revenu par tête) du marché, de sa croissance et de sa composition par produits, reflétant des disparités internationales dans les préférences des consommateurs. Cela n’explique pas pourquoi cette demande est satisfaite par l’IDE plutôt que par l’exportation. Des barrières à l’entrée(2) du marché étranger peuvent alors déterminer l’IDE […]. L’IDE est aussi considéré comme un moyen d’économiser les coûts de transport liés à l’exportation. Valable pour les produits lourds à faible valeur unitaire, l’argument s’amenuise avec la baisse continue des coûts de transport. L’IDE diversifie les risques entre plusieurs marchés intérieurs. […]

Du côté de l’offre, l’IDE est déterminé par des avantages de coût de production.

Source : Les multinationales globales, Wladimir ANDREFF, 2003.

(1) Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10 % d’une entreprise située à l’étranger.

(2) Ici, les barrières à l’entrée sont les obstacles à la concurrence que peut rencontrer une entreprise pour pénétrer sur un marché, comme les droits de douane.

 

DOCUMENT 2

Pourquoi les entreprises allemandes continuent-elles à exporter depuis leur base nationale, alors que les autres grands constructeurs continentaux délocalisent de plus en plus, et pour certains deviennent importateurs nets de véhicules ? […]

La productivité du personnel (valeur ajoutée/personne occupée) a progressé très fortement en Allemagne sur la période 2000-2008. En Italie, elle a également progressé mais beaucoup plus lentement, alors qu’en France, elle a régressé. […] Au total, sur la période, la part des charges de personnel dans la valeur ajoutée baisse dans la filière automobile allemande alors qu’elle augmente en Italie et surtout en France, d’où une forte dégradation de la compétitivité de l’industrie automobile en France. […]

La préférence des constructeurs français pour des stratégies d’internationalisation via les IDE(1) s’explique donc en partie par la dégradation des conditions de production en France, ce qui conduit ces constructeurs à produire des véhicules dans les pays de l’Est, pour ensuite les réimporter en France. […]

La stratégie de délocalisation semble plus adaptée pour des entreprises qui investissent moins en R&D(2) et qui ont ainsi un positionnement en moyen et bas de gamme, comme c’est le cas pour les entreprises automobiles françaises et italiennes. Cette tendance à la délocalisation a été renforcée par une évolution très défavorable des conditions de production domestique en termes de coût. Ces évolutions conduisent les constructeurs à rechercher de nouvelles zones de production, et ce d’autant plus que la part des coûts de production dans le prix final est bien plus élevée en ce qui concerne les véhicules d’entrée de gamme(3).

Source : « Les déterminants des stratégies internationales des constructeurs automobiles européens : exportation ou investissements directs à l’étranger ? », Pierre BUIGUES,
Denis LACOSTE, Maurice SAIAS, Annales des Mines – Gérer et comprendre, 2015.

(1) Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10% d’une entreprise située à l’étranger.

(2) R&D : recherche et développement.

(3) Entrée de gamme : version la moins chère d’un modèle de véhicule.

 

DOCUMENT 3

Répartition des flux d’investissement direct à l’étranger (IDE(1)) par région (en % des flux mondiaux)

 

Entrées d’IDE

Sorties d’IDE

 

2000

2005

2010

2015

2000

2005

2010

2015

Economies en développement(2)

17,1

34,9

45,0

43,4

7,6

13,5

25,7

25,6

Economies en transition(3)

0,4

3,2

4,6

2,0

0,3

2,2

3,6

2,1

Economies développées(4)

82,5

61,9

50,4

54,6

92,1

84,3

70,7

72,3

Monde

100

100

100

100

100

100

100

100

Source : D’après CNUCED, 2016.

(1) Investissement direct à l’étranger : création d’un lieu de production à l’étranger ou acquisition d’au moins 10 % d’une entreprise située à l’étranger.

(2) Economies en développement dont : Chine, Inde, Maroc, Mexique…

(3) Économies en transition dont : Fédération de Russie, Ukraine, Albanie, Géorgie, Serbie…

(4) Économies développées dont : France, Allemagne, États-Unis, Japon, Australie…

 

Proposition de plan

    En délocalisant, en 2017, plus de 1200 salariés , Engie, l’entreprise de distribution d’électricité, a provoqué en France la colère de ses salariés. Engie est une Firme Multinaltionale (FMN) c’est à dire une entreprise possédant des filiales à l’étranger. Les annonces de délocalisation des FMN sont aujourd’hui très médiatisées car il s’agirait de dénoncer les licenciements concurrencés par une main d’œuvre moins chère dans les Pays en Développement.

    Peut-on pour autant considérer que le choix de localisation des FMN à l’étranger répondent uniquement à une logique de baisse des coûts de production?

    Nous verrons dans un premier temps que des FMN recherchent effectivement la compétitivité prix. Cependant la compétitivité hors-prix est également une logique de localisation principalement dans les Pays Développés. C’est ce que nous verrons dans un deuxième temps. Enfin, nous verrons dans un troisième temps que les FMN cherchent également à se rapprocher du marché potentiel.

I. Des FMN à la recherche d’une compétitivité prix avantageuse …

    A. … grâce à des coûts salariaux bas et des normes sociales limitées …

        1) Des PED avec des coûts salariaux beaucoup moins élevés

        2) Des normes sociales très accommodantes au bénéfices des FMN

    B. … et d’autres coûts avantageux

        1) Une consommation intermédiaire meilleure marché

        2) A la recherche de l’optimisation fiscale

II. … des FMN à la recherche d’une compétitivité hors-prix …

    A. … grâce à un capital humain qui permet une production de qualité

   B. … le rôle clé dans la localisation de la politique de R&D du pays d’accueil et des innovations

III. … des FMN soucieuses de se rapprocher des marchés potentiels …

    A. … en évitant les barrières douanières

    B. …. et en se rapprochant des demandeurs ciblés

 

    Il est inutile de nier que beaucoup de FMN cherchent la localisation pour maximiser les coûts de production; les coûts du travail, de la consommation intermédiaire ou encore les coûts fiscaux. Néanmoins, les Pays Développés attirent aussi beaucoup de FMN à la recherche d’une compétitivité hors-prix. Elles recherchent alors les innovations et un capital humain de qualité. Au delà de la recherche d’une offre avantageuse, les stratégies de localisation des FMN sont aussi guidées par le souci de se rapprocher de la demande potentiel et de mieux la cibler.

    Ce vaste jeu de Monopoly à l’échelle mondiale ne doit pas se faire au détriment des travailleurs qui se sentent en permanence sujets à la pression de la concurrence. Les États ont l’obligation de réguler cette mondialisation qui peut parfois paraître sauvage.

 

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