Emploi et chômage

Comment a évolué l’emploi en France depuis le siècle dernier? Quels sont les différents contrats d’embauches proposés en France? Comment définir le chômage? Quelle catégorie de la population française subit particulièrement le chômage?

I. Les mutations de l’emploi

Lorsqu’un pays se développe, la société se modifie et en particulier l’emploi se transforme considérablement. Pour repérer une des évolutions il faut être à l’aise avec la notion de secteur. Nous allons tout d’abord faire un petit rappel

     A. Les secteurs d’activité

      L’ économiste britannique, Colin Clark, a établi, en1947, le classement en trois secteurs d’activité.

– le secteur primaire : il comprend l’agriculture, la pêche, l’extraction minière, l’entretien des forêts (sylviculture). Ce secteur concerne la production de ressources naturelles et des matières premières.

– le secteur secondaire : industrie, bâtiment (BTP, Bâtiments et travaux publiques). Ce secteur concerne la transformation des ressources naturelles en produits manufacturés.

– le secteur tertiaire : les services. Le tertiaire ne concerne ni l’agriculture ni l’industrie, il s’agit de la production de services marchands et non marchands.

Ce secteur concerne alors de multiples emplois dans le secteur bancaire, les assurances, l’éducation, le secteur médical, le tourisme et les transports, les loisirs et les médias, l’hôtellerie restauration …

Attention; il ne faut pas confondre activité professionnelle d’un salarié et le secteur d’activité de l’entreprise. Par exemple dans une usine qui appartient donc au secteur secondaire, il est parfois évidemment nécessaire d’avoir des gestionnaires, activités administratives diverses et variées. Le salarié qui exerce une activité de services sera classé dans le secteur secondaire puisque sont entreprise appartient à ce secteur.

Maintenant que nous avons revu cette notion de secteur, on peut aborder l’évolution des emplois depuis le siècle dernier.

 

    B. Évolution du travail en France

Source: O. Thélot deux siècles de travail en France

Les grandes évolutions du monde du travail depuis la Révolution Industrielle du XIX e siècle. Alors que l’essentiel de la population vivait chichement de la terre ; nous assistons graduellement à la montée de l’industrialisation et d’une population ouvrière et dans le même temps d’une population liée aux services. A la veille de la Grande Crise de 1929 les effectifs sont d’un tiers environ dans chaque secteur économique. Après guerre, c’est le déclin des effectifs dans le secteur primaire, la « fin des paysans » pour reprendre la formulation de Henri Mendras qui analyse le phénomène dans son ouvrage de 1967. Les exploitants agricoles utilisent de plus en plus de machines agricoles, aidés financièrement par le Crédit Agricole notamment. La productivité agricole augmente fortement libérant des emplois qui viennent se déverser dans le secteur secondaire en pleine expansion. A partir du début des années 80, on assiste à un pic des effectifs dans le secteur industriel puisqu’il regroupe presque 40% des travailleurs. Ensuite on assiste à une baisse du nombre des travailleurs dans les 2 secteurs. Ils viennent alors se déverser dans le secteur tertiaire, pour reprendre l’expression d’Alfred Sauvy (1898/1990), démographe et économiste français.

Cette évolution des emplois a eu des répercussions importantes. Nous allons voir ci-dessous 2 caractéristiques essentielles

 

     C. La salarisation

Taux de salarisation

Source: INSEE ’50 de mutations de l’emploi’

Aujourd’hui prés de 90% des travailleurs français, c’est à dire 23 millions en 2006, sont des salariés. En effet, les nombreux paysans d’autrefois ont été remplacés. Les petits métiers indépendants ont laissé place à des travailleurs qui ont un employeur. C’est la même chose avec les petits commerces. La multitude d’échoppes que l’on retrouvait aux coins des rues dans toute les bourgades françaises ont laissé place après la seconde guerre mondiale à des supermarchés puis hypermarchés. Les petits commerçants indépendants ont été remplacés par des employés de la grande distribution.

     D. Les femmes et l’emploi

Taux de féminisation de l’emploi

Source INSEE

A partir des années cinquante et soixante, les femmes remettent en cause le modèle bourgeois de la femme au foyer. L’émancipation des femmes passe par un emploi indépendant de celui du mari. Or l’évolution de la société leur est favorable puisqu’il y a une création importante de métiers de services qui attirent à cette époque les femmes par millions.

 

Depuis les années 70, le statut des contrats proposés aux salariés évoluent. Jetons un regard sur les contrats de travail.

II. Les contrats de travail

CDI, CDD mais aussi Travail temporaire, Contrat d’apprentissage, Contrat d’accompagnement dans l’emploi et encore Contrat Jeune en Entreprise…. nous voilà dans la jungle des contrats de travail.

Le Contrat.à Durée Indéterminée (CDI)est la forme de travail normal ou dit autrement typique. Le CDI offre de nombreux avantages. Une progression de carrière au sein de l’administration ou de l’entreprise employeuse, une protection sociale et une garantie d’emploi qui permet une projection dans l »avenir, une sécurité pour faire des emprunts notamment pour l’achat immobilier.

Et pourtant, depuis les années 70, face à la crise et la volonté de flexibilité des employeurs, les emplois atypiques augmentent. Un emploi atypique représente tous les autres types d’emploi qui ne correspondent pas au CDI à temps plein. On parle également d’emplois précaires. On retrouve le Contrat à Durée Déterminée, qui correspond à une embauche pour un temps déterminée, le Contrat à temps partiel qui se décline en multiple combinaison, ¾ temps, ½ temps ou ¼ temps mais aussi 80% du temps de travail, et encore les autres formules comme les contrats d’apprentissage ou encore les emplois avenir qui correspondent à des emplois pour réinsérer des jeunes qui se sont éloignés de l’emploi.

 

Regard chiffré sur les différents Contrats atypiques avec le graphique ci-dessous

 evolutiondesdifferentscontratsdetravail

source INSEE

Ce graphique en volume peut poser quelques petits problèmes d’analyse à celui qui n’a pas compris qu’il s’agit des strates superposées et non de courbes.

 

Questions (avec correction ci-dessous)

1) Que signifie la croix?

2) Quelle a été l’évolution de l’emploi atypique entre 1982 et 2006 ? Utilise l’outil statistique approprié.

3) Plus précisément, quel est le nombre de contrat intérimaire en 2006?

4) Quelles sont les idées principales du document?

5) Commet peut-on expliquer cette évolution?

 

 

Correction :

1) En 2006, en France il y a environ 3 millions d’emplois atypiques selon l’INSEE

2) L’emploi atypique est passé de 1300 000 à 3 000 000 autrement dit il a été multiplié par 2,3 (il est préférable d’utiliser un multiplicateur car le taux de variation de 131% environ est supérieur à 100%)

3) Le volume d’emplois intérimaires sur le graphique correspond à 2 200 000 – 1 600 000 environ, donc environ 600 000 emplois intérimaires

4) A travers ce graphique de l’INSEE, nous constatons la forte augmentation de l’emploi atypique entre 1982 et 2006. L’emploi atypique qui a plus que doublé est en majorité constitué de CDD et emplois saisonniers. On constate cependant que les contrats intérimaires et contrats apprentissages progressent régulièrement. Cela était également le cas des stages et contrats aidés avant le reflux en 2000

5) De nombreuses raisons expliquent l’augmentation des emplois atypiques. Tout d’abord un marché du travail détérioré avec du chômage en forte progression, permettent aux entreprises et administrations de proposer ce type d’emplois. Elles peuvent ainsi plus facilement mouler le contrat souhaité avec le volume horaire d’emploi désiré. Les lois plus flexibles, permettent ce type d’embauche plus précaire.

 

III. Le chômage

       A. La définition du chômage

Un chômeur est une personne dépourvue d’emploi, à la recherche d’un emploi et qui fait des démarches pour en trouver un. Mais derrière cette définition large il y a bien sûr une multitude de situations qui conduisent à avoir des chiffres du chômage différents selon l’organisme qui décompte le nombre de chômeurs. Ainsi une personne qui est licenciée par son employeur à la veille de prendre sa retraite et qui s’inscrit à Pole Emploi sans la volonté véritable de rechercher un emploi, est-elle au chômage? en inactivité?  L’économiste J. Freyssinet  parle de halo de chômage pour caractériser cette situation opaque entre chômage, inactivité et sous-emploi.

Pour pouvoir comparer le chômage et les chiffres du chômage dans les différents pays, il existe une définition internationale qui est celle de du Bureau International du Travail (BIT)

Tu le savais?

Le mot chômage trouve son origine au XII ème siècle avec le mot «caumare» qui signifie en bas latin « se reposer durant la chaleur

». Autrement dit, les paysans à l’époque chômaient quand il faisait trop chaud. C’est au XIX e que le salariat va se développer petit à petit. Ainsi son sens d’origine paysanne va se modifier pour caractériser dans notre société moderne le manque d’activité salariale.

 

En France, l’INSEE reprend cette définition pour caractériser le chômage.

Tu vas travailler sur le site de l’INSEE en tapant sur le lien que je te propose dans la rubrique cours de ce chapitre. A tout à l’heure!!

    

     B. Le taux de chômage (en %)

     Formule: (chômeurs/ population active) x 100

Au delà de la formule générale, on peut calculer un taux de chômage pour une population spécifique. Par exemple on peut calculer plus précisément le chômage des femmes. La formule sera

(femmes au chômage / population des actives) x 100

 

     C. Les inégalités face au chômage

     Nous avons vu que les jeunes subissaient plus le chômage, les femmes plus que les hommes, nous savons aussi que le taux de chômage des étrangers est plus élevé que celui des Français.

Les jeunes peuvent subir le manque d’expérience et notamment le manque de capital social dans le secteur dans lequel ils souhaitent se faire embaucher. Ainsi, il y a un avantage au senior qui perd son emploi mais qui a un carnet d’adresses importants dans son domaine et un jeune qui tente de trouver un premier emploi. Cependant bien sûr, le schéma est plus complexe et il dépend du type de secteur d’activités convoité. Ainsi dans les secteurs utilisant les nouvelles technologies, la prime à la jeunesse écartera plus rudement les seniors.

Les femmes subissent des handicaps qui les pénalisent dans certains emplois vis-à-vis des hommes.

Globalement les femmes ont moins de disponibilité pour un emploi contraignant en terme d’horaire. Cela est notamment lié à une vie privée souvent plus prenante avec des tâches domestiques souvent encore ‘réservées’ aux femmes.

De plus les femmes sont encore trop souvent victimes du plafond de verre. C’est à dire qu’elles subissent une forme de discrimination à l’embauche, lorsqu’il s’agit de prendre plus de responsabilités et de monter dans la hiérarchie des emplois. C’est comme si un plafond de verre les bloquait.

 

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