Des intérêts au protectionnisme?

Le sujet Antilles-Guyane 2016  est suivi d’une proposition de plan

Raisonnement s’appuyant sur un dossier documentaire 

Sujet : À l’aide de vos connaissances et du dossier documentaire, vous expliquerez pourquoi un pays peut avoir intérêt aujourd’hui à mener une politique protectionniste.

DOCUMENT 1

L’un des arguments des opposants au libre-échange est l’existence d’une concurrence déloyale que les règles établies par le GATT1 puis par l’OMC sont impuissantes à empêcher. C’est un thème développé notamment en France et aux États-Unis dans la période récente. Si les États-Unis sont sensibilisés à cette question, c’est en raison de l’évolution structurelle des échanges internationaux qui les a installés dans une position de nation dont la balance commerciale est déficitaire. De surcroît, les exportateurs américains se sont plaints de difficultés nouvelles pour accéder aux marchés de certains pays. Cela conduit à assimiler les réussites étrangères à des pratiques déloyales qui nécessitent des rétorsions de la part des États-Unis. Les pratiques déloyales invoquées sont nombreuses : elles vont du non- respect des brevets déposés par les firmes américaines aux subventions aux firmes étrangères, en passant par des formes diverses de refus des droits internationalement reconnus aux travailleurs (travail forcé, âge minimum d’embauche…) dans des pays qui abaissent ainsi le coût du travail, ou encore des pratiques de dumping (vente à l’étranger à un prix inférieur au prix national). En réaction à cette forme de concurrence, les États-Unis ont adopté une législation en matière de politique commerciale qui leur permet de prendre des sanctions contre les exportations concernées et qui est aussi utilisée comme une menace à l’égard de nations étrangères.

Source : « Internationalisation des échanges et croissance », Les enjeux de la mondialisation, les grandes questions économiques et sociales III, Michel RAINELLI, 2013.

1 GATT : Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce signé en 1947 et remplacé en 1995 par l’organisation mondiale du commerce (OMC).

DOCUMENT 2 À partir de 1973, l’essentiel du commerce mondial de vêtements fut régulé par un système complexe de quotas d’importation et d’exportation appelé accord multifibre. Mais en 1994, les membres de l’OMC s’accordèrent pour mettre fin aux restrictions appliquées aux échanges de vêtements au cours de la décennie à venir. À la fin de 2004, les dernières restrictions furent levées, avec des résultats spectaculaires : les exportations de vêtements en provenance de Chine, un pays doté d’énormes réserves de main-d’œuvre bon marché et qui avait des quotas d’exportation relativement faibles sous l’ancien système, explosèrent. Les exportations chinoises de vêtements vers les États-Unis en janvier 2005 étaient plus de deux fois plus élevées qu’un an auparavant. Les exportations chinoises de pantalons de coton avaient augmenté de plus de 1000 %.

L’explosion des ventes de pantalons chinois fournit la preuve évidente que les quotas avaient précédemment restreint les échanges commerciaux. Elle entraîna également des demandes pressantes de protection temporaire de la part des producteurs de vêtements dans les pays importateurs. En quelques mois, à la fois les États-Unis et l’UE imposèrent de nouvelles restrictions sur les exportations chinoises de vêtements pour ralentir la tendance.

De manière surprenante, ces nouvelles restrictions ne violaient pas les règles de l’OMC. Quand la Chine entra à l’OMC en 2001, elle donna son accord à ce que l’on appelle en jargon de politique commerciale un « mécanisme de sauvegarde » : les pays importateurs étaient autorisés à imposer des limites temporaires aux exportations chinoises de vêtements dans le cas d’une brusque augmentation des importations. Et c’est exactement ce qu’ils firent.

Source : Microéconomie, Paul KRUGMAN, Robin WELLS, 2009.

DOCUMENT 3

Solde commercial1 de la France (en % du Produit Intérieur Brut)

graphique_soldebalancecommercial_planrdd_2016

Source : CEPII, « profils pays », panorama du CEPII, juin 2015.

1 Différence entre les exportations et les importations de marchandises.

 

Proposition de plan

    Avec la victoire de D. Trump aux élections américaines, le camp du protectionnisme a gagné sur le libre échange affiché par les démocrates. Le protectionnisme correspond à l’ensemble des mesures prises par un gouvernement pour empêcher ou limiter les importations de biens et de services. On distingue plus spécifiquement le protectionnisme tarifaire et le protectionnisme non tarifaire.

   Alors que le libre échange a accompagné la croissance économique de nombreux pays, permettant à long terme un cercle vertueux, pourquoi certaines nations souhaitent mettre en place des politiques protectionnistes?

  Nous cernerons tout d’abord les justifications d’un protectionnisme temporaire avant de reprendre les arguments d’un protectionnisme lié à la concurrence déloyale.

I. Un protectionnisme temporaire pour se protéger

    A. Du protectionnisme éducateur des pays moins développés …

   . aux origines XIXe F. List  Allemagne, États-Unis

   . une protection des industries naissances face à la concurrence internationale

    B. … au protectionnisme temporaire des pays développés

   . reprise des idées du doc. 2 (des restrictions contre l’explosion des exportations de vêtements chinois) et du constat chiffré avec le doc. 3 (une balance commerciale de plus en plus négative en France)

   . un protectionnisme accepté dans certaines conditions par l’OMC

II. Un protectionnisme contre une concurrence déloyale

    A. Le dumping

    Du dumping …(ventes à perte illégales pratiquées par certains pays doc.1) … au dumping social (pas de protection sociale, règlements souples au détriment des travailleurs, travail forcé (doc. 1))

   B. Le non respect des règles de commerce international

   pas de respect des brevets sur les innovations. La contrefaçon et le copiage justifient des mesures de protectionnisme coercitive

  un protectionnisme offensif contre les pays qui pratiquent les subventions déguisées à leurs entreprises nationales

 

Conclusion:

Le protectionnisme qui a été théorisé notamment par F. List au XIX e siècle peut se justifier pour protéger le développement de certains secteurs et d’autre part lorsque les règles de commerce international ne sont pas respectées. Pour autant, il n’est pas souhaitable de voir s’amorcer un repli sur soi, qui à long terme n’est pas bénéfique.

 

 

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