Comment ils nous ont volé le foot! Fiche de lecture

Comment ils nous ont volé le football La mondialisation racontée par le ballon Sous la direction d’Antoine Dumini et Francois Ruffin Fakir, 2014, 120 pages


François Ruffin est un journaliste qui participe au journal Fakir, au Monde diplomatique et à l’émission de France Inter Là-bas si j’y suis. Antoine Dumini est lui-aussi journaliste, emporté il y a peu par la maladie. • Résumé bref : Ce livre nous conte l’Histoire du football, plus spécialement dans sa dimension économique et internationale. En commençant le récit dans les années 50, où ce sport était avant tout un enjeu géopolitique car déjà très populaire. Il nous expose ensuite la transformation par étapes du football mondial, reflet de nos économies, qui va au cours des années 70/80 se libéraliser. Dans cette histoire, les auteurs font de l’univers footballistique une « loupe » de notre monde : en le reliant à l’actualité, en exprimant le rôle des lobbies, en relatant par des faits concrets les trop nombreuses affaires de corruptions et de conflits d’intérêts. L’essai s’attache tout particulièrement à montrer comment ce sport est devenu une sorte de « panneau publicitaire géant », vivant au rythme des contrats des sponsors. Délocalisation, privatisation, concurrence faussée, corruption, peopolisation, hyper libéralisation, sont autant de mots que l’on entend quotidiennement mais aussi autant de mots qui s’appliquent à l’univers du ballon rond. Mais pour ne pas sombrer dans le pessimisme et parce que les auteurs ont une réelle passion du football, ceux-ci ont rythmé le livre avec de petites anecdotes positivant le football. • Extrait : « On tape dans le ballon depuis la cour de récréation. Entre les buts de handball, dessinés sur le mur du préau, on s’est esquintés les genoux pour sauver un pénalty. Et le dimanche, qu’il pleuve, qu’il vente, on chausse encore nos crampons dans les vestiaires… Que s’est-il passé alors ? C’est le même jeu, un ballon, deux équipes, quatre poteaux, et voilà que ce sport du pauvre brasse des milliards, s’exporte comme un produit, devient la vitrine triomphante, clinquante du capital. Que s’est-il passé ? Rien, en fait. Juste que l’argent a envahi toute la société, lentement, depuis trente ans, et que le football en est le miroir grossissant. C’est une histoire économique que ce sport nous raconte, à sa manière, des années 60 à aujourd’hui, de la libéralisation des ondes à la mondialisation des marques jusqu’aux fonds de pension. Le ballon, comme un monde en plus petit. » (quatrième de couverture) « Les USA ont Ronald Reagan, l’Angleterre a Margaret Tchatcher, l’Europe a Jacques Delors, le football a Joao Havelange. L’élection, le 10 juin 1974, le Brésilien à la tête de la FIFA va faire entrer le football dans une nouvelle ère. Les multinationales suivront bientôt, et l’argent coulera à flots. […] Sitôt élu, Havelange annonce la couleur : ‘’Je suis là pour vendre un produit appelé football’’. » • Appréciation personnelle : Ce livre est concis et en même temps très précis pour exposer les quelques idées qu’il veut dénoncer. Par l’idée originale de traduire à travers l’évolution du football les changements de notre société, cette nouvelle est captivante. En effet, cet essai intéresse d’ailleurs bien au-delà des amateurs de ce sport. De plus, pour les passionnés du ballon, ce livre éclairci les raisons de l’état actuel de ce petit monde même s’il en dresse un tableau relativement noir. Heureusement chaque paragraphe est clos par une « lumière dans la décennie » en relatant différents ‘points positifs’ du football, tel la place qu’il a tenu dans la démocratisation du brésil et du chili par exemple. Ce livre est à recommander pour tous ceux qui s’intéressent de près ou de loin au monde, à la politique … et au football !

 

Matthias Gomez TES1 Lycée Appert 2014

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