Chômage emploi intégration

« Le chômage n’est pas une fatalité et j’inverserai la courbe » déclarait François Hollande en 2012. Et pourtant, quelques années plus tard, le président de la République Française fera un constat amer; la politique de l’emploi poursuivie n’a pas donné les résultats escomptés. S’agit-il alors d’une erreur de politique? Les forces du marché permettent-elles encore de mettre en place des politiques adaptées pour lutter contre le chômage?

Les notions du programme à connaître: taux de chômage, taux d’emploi, salariat, demande anticipée, flexibilité du marché du travail, qualification, précarité, pauvreté

 

I. Les grandes évolutions de l’emploi et du chômage

A. Les évolutions de l’emploi

    Quelle différence entre travail et emploi? Le travail définit tout type d’activité humaine qui permet la production. Le travail peut être rémunéré mais aussi être bénévole et il existe encore malheureusement des exemples de travail forcé. L’emploi correspond à la partie institutionnalisée du travail dans nos sociétés, c’est donc une activité rémunérée et socialement organisée.

    L’emploi est une donnée dynamique qui se traduit par des créations et des destructions d’emploi. Chaque jour, environ 10 000 emplois sont créés et détruits. 

Et à long terme?

En 1962 d’après l’INSEE la France comptabilisait 19 millions d’emplois et en 2014 un peu moins de 26 millions d’emplois.  7 millions d’emplois nouveaux mais des emplois qui se sont complètement transformés. Ainsi la substitution capital-travail a provoqué de nombreuses destruction d’emplois. Ce fut le cas dans le secteur primaire tout au long du XX e siècle puis à partir de la fin des années 70 le secteur secondaire perd également des emplois. Par contre le secteur tertiaire se développe fortement et est à l’origine de nombreuses créations d’emplois. Cela correspond au schéma proposé par A. Sauvy dans la théorie du déversement: le développement d’une société s’accompagne sur le long terme de suppression d’emplois dans le secteur primaire et secondaire et ces emplois viennent se déverser dans le secteur tertiaire pour de multiples raisons: les progrès techniques favorisent la substitution capital-travail. Les gains de productivité dans le secteur primaire et secondaire sont tels que cela permet la suppression d’emplois notamment non qualifiés. L’augmentation du pouvoir d’achat crée de nouveaux besoins de services notamment dans l’éducation, la santé, les transports, les loisirs … De nombreux emplois de services vont alors être créés

Toutes les explications ci-dessus, permettent de comprendre en partie l’augmentation des emplois pour les Groupes Socioprofessionnels qualifiés: profession intermédiaire et cadre. On peut aussi repérer que  les emplois créés sont en grande partie des emplois de salariés. On rappelle que le salariat représente l’ensemble des travailleurs qui sont liés à un employeur par le contrat de travail. Cela a notamment favorisé la féminisation de l’emploi. Je te conseille de regarder les quelques graphiques présentés par l’INSEE

Remarque sur le taux d’emploi:

le taux d’emploi = nombre d’individus d’une catégorie ayant un emploi / nombre total d’individus dans cette catégorie. A partir de cette définition de l’INSEE, des statistiques on été réalisées pour connaître par exemple le taux d’emploi des jeunes (on considère souvent les moins de 25 ans donc en France les individus entre 16 et 25 ans), le taux d’emploi des peu diplômés, le taux d’emploi dans différentes régions. On peut ainsi faire des comparaisons et en tirer des conclusions.

Plus généralement, le taux d’emploi se calcule au niveau de la population en âge de travailler. Le taux d’emploi équivaut alors aux personnes qui disposent d’un emploi parmi celles qui sont en âge de travailler (plus de 15 ans et moins de 65 ans en France)

Un regard sur les taux d’emploi en Europe

 

B. Les évolutions du chômage

Petit rappel préalable: le chômage regroupe l’ ensemble des personnes en âge de travailler qui sont privées d’emploi et qui en recherche un.

Les 3 caractéristiques du chômage peuvent donner place à des interprétations différentes et c’est pour cela que la mesure du chômage donne des données différentes selon les organismes. En France on retrouve les statistiques de l’INSEE  et celles de Pôle Emploi

La mesure des Demandeurs d’Emploi en Fin de Mois (DEFM) par Pôle Emploi:

L’organisme public publie tous les mois les 5 catégories de chômeurs inscrits.

Catégorie A : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, sans emploi

Catégorie B : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite courte   (maximum 78 heures au cours du mois)

Catégorie C : demandeurs d’emploi tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, ayant exercé une activité réduite longue (plus de 78 heures au cours du mois)

Catégorie D : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi (en raison d’un stage, d’une formation, d’une maladie…), sans emploi

Catégorie E : demandeurs d’emploi non tenus de faire des actes positifs de recherche d’emploi, en emploi (par exemple : bénéficiaires de contrats aidés)

Ainsi toute catégorie confondue Pôle Emploi recense 6 238 400 demandeurs d’emploi en novembre 2016. Mais on peut considérer que les catégories D et E regroupant des personnes qui ne cherchent pas véritablement un emploi ne correspondent pas à la définition véritable du chômage. Idem pour les catégories B et C, on peut considérer que le fait d’avoir déjà un travail même réduit, éloigne de la définition officielle du chômage. Aussi Pôle Emploi braque les projecteurs tous les mois sur la catégorie A qui regroupe en novembre 2016  3 447 000 chômeurs.

Remarque: cette convention Pôle Emploi est régulièrement dénoncée par des associations ou syndicats qui accusent Pôle Emploi et le ministère du travail, de cacher les chiffres officiels

 

La mesure INSEE:

L’INSEE mesure le chômage grâce à une enquête réalisée pendant une semaine de référence. Elle détermine alors le nombre de chômeurs en reprenant les critères précis du Bureau International du Travail

                                      Le saviez-vous?

                              Le Bureau International du Travail

On dit souvent que l’INSEE calcule le chômage (BIT) c’est à dire qu’il reprend la définition internationale du chômage adoptée en 1982 par le Bureau International du Travail (BIT). Pour être considéré comme chômeur, il faut être sans emploi, être disponible, et rechercher activement un emploi. Ainsi, le BIT participe à l’élaboration des normes internationales pour promouvoir les droits du travail et donc pour œuvrer en faveur de la justice sociale. Mais quelle est l’origine du BIT ou plutôt de l’Organisation Internationale du Travail (OIT)? En effet, le BIT, est le secrétariat de cet organisme basé à Genève et qui réunit actuellement plus de 2700 salariés. L’OIT est une institution spécialisée des Nations-Unis et ce n’est pas un hasard si elle est située à Genève, à deux pas du Palais de Nations, le siège européen des Nations-Unis qui a remplacé en 1946 l’ancienne Société des Nations. Mais revenons à l’ OIT! Cette organisation qui œuvre pour les droits fondamentaux au travail, pour le droit à un travail décent, pour une protections sociale pour tous, et pour le dialogue social, est le fruit d’une longue histoire qui prend ses sources au milieu du XIXe siècle, grâce aux idées pionnières de deux industriels fervents défenseurs de la justice sociale; le gallois R. Owen et le français, d’origine suisse, D. Legrand. On retrouve dans le préambule de la Constitution de l’ OIT: ‘une paix universelle et durable ne peut être fondée que sur la base de la justice sociale ‘ou encore ‘la non-adoption par une nation quelconque d’un régime de travail réellement humain fait obstacle aux efforts des autres nations désireuses d’améliorer le sort des travailleurs dans leurs propres pays.’

 

Focalisons maintenant sur le taux de chômage.

La formule du taux de chômage d’une population considérée est

(chômeurs de la population considérée / nombre actifs de la population considérée ) x 100

Cette variable relativement simple est pourtant à l’origine d’erreurs relativement fréquentes des élèves. Par exemple, si un tableau statistique nous présente un taux de chômage des jeunes de 25%, l’erreur fréquente est de dire qu’un quart des jeunes sont au chômage, en oubliant que le chômage se calcule par rapport aux actifs, autrement dit aux personnes qui cherchent à travailler, ce qui exclue parmi les jeunes les élèves et étudiants. La signification exacte du chiffre est donc ; sur 100 jeunes actifs 25 sont au chômage ou encore un quart des jeunes actifs sont au chômage. Ce qui est moins alarmant mais cependant encore beaucoup trop élevé!

Petit exercice ci-dessous: quelles sont les caractéristiques principales de l’évolution du chômage en France selon le sexe et l’âge

  1980 1990 2000 2010 2014
Hommes 3,6 6,0 7,0 8,7 10,2
15 à 24 ans 8,2 13,0 15,1 22,2 24,4
25 à 49 ans 2,5 5,0 6,3 7,7 9,4
50 à 64 ans 3,1 4,5 5,4 5,5 7,0
65 ans ou plus 0,4 0,4 0,3 2,3 2,5
Femmes 7,3 9,7 9,5 9,1 9,6
15 à 24 ans 15,9 17,6 17,3 23,0 22,2
25 à 49 ans 5,1 8,7 9,3 8,4 9,2
50 à 64 ans 4,9 6,2 6,0 5,6 6,7
65 ans ou plus 0,3 0,7 0,6 2,6 2,9
Ensemble 5,1 7,6 8,1 8,9 9,9
15 à 24 ans 11,6 15,1 16,1 22,6 23,4
25 à 49 ans 3,5 6,6 7,7 8,0 9,3
50 à 64 ans 3,8 5,2 5,7 5,5 6,9
65 ans ou plus 0,4 0,5 0,4 2,4 2,7

Source INSEE

II. Des causes différentes de chômage qui entraînent des politiques d’emplois différentes

A. le chômage keynésien

Le chômage keynésien est un chômage involontaire qui est lié à une insuffisance de la demande de biens et des services. Face à constat, les entreprises sont moins enclins à embaucher ce qui provoque le chômage.

Le chômage keynésien est un concept issu de la théorie du déséquilibre développée par l’économiste français du XXe, E. Malinvaud. Pourquoi chômage keynésien? La référence à J.M Keynes est liée à la caractéristique de ce type de chômage. On rappelle ainsi que selon J.M Keynes, les embauches sont liées à la demande effective c’est à dire  à la demande de biens de consommation et de production anticipée par les producteurs. Si les entreprises anticipent une stagnation voire une baisse de la demande alors il n’y a pas d’embauche. Il peut donc exister un équilibre de sous-emploi qui nécessite l’intervention de l’État.

Quelques rappels de première: l’ État peut intervenir par une politique budgétaire, une politique monétaire adaptée ou encore une politique de redistribution des revenus.

La politique budgétaire est une politique liée au budget de l’ État. Ainsi il peut adopter une politique de relance en favorisant notamment les dépenses publiques. L’exemple canonique est la politique des Grands Travaux, le New Deal,  initié par Franklin Delano Roosevelt entre 1933 et 1938 pour combattre les conséquences désastreuses du krach de 29. Par contre, ne faisons pas un anachronisme. Le livre de Keynes, La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie, date de 1936 et n’a donc pas inspiré directement les politiques économiques américaines.

La politique monétaire. Il faut reprendre les connaissances développées en première. Nous rappellerons cependant que cette politique conjoncturelle vise à agir sur la situation économique en variant la masse monétaire en circulation. Par exemple, si la Banque européenne cherche à relancer l’économie elle peut favoriser la création monétaire par les banques de second rang en diminuant le taux d’intérêt directeur. Inversement en cas de surchauffe (c’est un souvenir plus lointain en Europe) la BCE remontera le taux d’intérêt.

La politique de redistribution des revenus. Pour comprendre ce point, il faut ce remémorer le concept de propension à consommer développé par Keynes dans son livre – chapitre – 3 de son célèbre ouvrage.

Grâce à une redistribution des revenus grâce à un prélèvement plus important des classes favorisées et une redistribution sous forme de revenus de transfert au classes défavorisées, la consommation et l’investissement immobilier va augmenter ce qui ne peut que favoriser la demander effective et donc la création d’emplois. Ce raisonnement perd de sa pertinence en économie ouverte car l’augmentation de la demande peut se diriger vers des importations massives sans avoir l’impact attendu au niveau national.

 

Les politiques économiques menées par l’État permettent  ainsi de redonner la confiance qui est le moteur de la croissance

Les politiques discrétionnaires  ont fonctionné pendant les 30 glorieuses mais à partir du début des 20 piteuses (après 1973) cette politique de relance n’a pas donné les résultats escomptés. Nous avons alors été confronté à la stagnation économique c’est à dire un cumul d’inflation et de chômage important.

Il est alors nécessaire de développer un autre schéma de pensée

B. Le chômage classique

Le chômage classique est lié à un coût du travail trop élevé, ce qui rationne la demande d’emploi des entreprises

Selon les néoclassiques il existe donc :

. un chômage transitoire ou frictionnel chômage entre 2 emplois

. un chômage volontaire (les travailleurs préfèrent le loisir au salaire proposé)

Toute autre forme de chômage est causée par les dysfonctionnements du marché du travail, par exemple un salaire minimum supérieur au salaire d’équilibre

Quelles sont alors les politiques de l’emploi préconisées? Dans un premier temps, il est nécessaire d’ augmenter la flexibilité du marché du travail autrement dit mettre en place une politique visant à adapter l’emploi aux fluctuations de la demande

petit rappel : la flexibilité du travail peut concerner des politiques quantitatives ou qualitatives (ici il s’agit de mesures quantitatives)

D’autres mesures? Revoir la législation concernant le salaire minimum ou plus généralement l’ensemble des coûts du travail, car cela réduit l’incitation à l’embauche et augmente le chômage notamment parmi les emplois peu qualifiés. Il faut également revoir les législations concernant les indemnités chômage car cela crée peut être des sources de trappe à l’inactivité. En effet, le chômeur qui perçoit une allocation peut ne pas être incité à reprendre un emploi si la différence financière  entre son salaire et l’allocation est faible.

Plus globalement, certains pensent qu’il faut adapter les structures de l’emploi par une amélioration du marché du travail

C. Un chômage structurel

On retrouve alors deux raisons majeures du chômage: une inadéquation de la qualification et des institutions qui rendent trop rigides le fonctionnement du marché

Revenons tout d’abord sur la notion de qualification qui a plusieurs sens:

la qualification de l’emploi représente les qualités requises pour le poste de travail

la qualification du travailleur c’est plus exactement l’aptitude de l’individu à exercer un emploi

Par des politiques de formation on peut adapter l’employabilité des travailleurs. Il s’agit de mettre en place une flexibilité qualitative plutôt que quantitative

 

Cependant, la flexibilité de l’emploi fragilise l’emploi et précarise les situations ce qui nécessite d’autres politiques d’emploi

III. Un travail fragilisé qui ne joue plus son rôle intégrateur

A. Une évolution de l’emploi …

L’emploi en CDI à plein temps correspond très largement à l’emploi typique en France. Pour autant depuis les débuts de la crise, le nombre d’emplois précaires augmente régulièrement et représente maintenant parmi les jeunes, la forme d’emploi typique. Un emploi précaire au sens large c’est un emploi qui n’est pas lié à un Contrat à Durée Indéterminée et qui n’est pas à temps plein. On retrouve pèle mêle les emplois à temps partiels, les emplois en Contrat à Durée Déterminée, les stagiaires, les emplois en Intérim, les apprentis ou encore les emplois aidés.

On peut alors se demander si l’emploi protège toujours de la pauvreté? Il faudrait tout d’abord bien définir cette notion de pauvreté et regarder les statistiques. En effet, en Europe la pauvreté monétaire caractérise tous les individus dont le revenu est inférieur à 60% du revenu médian du pays. Mais cela est un peu plus compliqué car une personne qui perçoit 1100 euros par mois en France, cela n’est pas la même chose qu’un ménage, composé de 2 adultes qui travaillent à temps-partiel avec 2 enfants de 15 ans et 13 ans, qui vit sur un seul revenu de 1100 euros par mois! Dans le premier cas la personne ne sera pas considérée comme pauvre puisque 1100 euros, c’est supérieur à 60% du revenu médian qui correspond en France en 2014 à 1000 euros. Par contre les 4 individus composant le ménage sont considérés comme pauvre. En effet, par convention on considère que un adulte compte pour une unité de consommation (UC), le deuxième adulte, qui partagera des biens de consommation avec le premier, compte pour 0,5 UC et enfin toutes les personnes du foyer qui ont moins de 14 ans comptent pour 0,3 UC.

Un bref calcul te permet d’obtenir 1100 € / (1+05+0,5+0,3) = 392,85 € . Nous sommes ici très franchement en dessous du seuil de pauvreté malgré l’emploi des deux parents. C’est ce qu’on appelle les working-poor ou travailleurs pauvres et cela concerne en France plus de 1,5 millions d’individus (chiffre de 2005), en prenant en compte dans le calcul, tous les membres de la famille touchés par la pauvreté.

 B. … qui ne joue plus toujours son rôle intégrateur

L’ emploi permet l’intégration sociale  pour de multiples raisons:

    Tout d’abord, l’emploi permet d’apporter les ressources nécessaires pour se sentir relativement intégré à la société de consommation actuelle. D’autre part, le travail est une source de protection sociale. Grâce aux cotisations sociales versées, l’actif occupé va acquérir des droits sociaux. Par exemple, il aura droit à des allocations chômage si le besoin se fait sentir, et bien sûr à partir de 62 ans*, le travailleur aura droit à une pension civile (retraite) basée sur les cotisations sociales versées pendant les 42 années d’activité dans le cas général.

*vérifie que l’âge légal de départ à la retraite n’a pas été modifié, il a une fâcheuse tendance à augmenter significativement depuis quelques années!

    L’emploi permet d’augmenter significativement la sociabilité. A contrario le chômage ou les emplois précaires entretiennent l’isolement social. Ainsi une répétition de missions courtes ne permet pas au travailleur de lier vraiment avec ses collègues. De même l’emploi à temps partiel non voulu, ne facilite pas l’échange entre les collègues.

    L’emploi précaire multiplie les frustrations ou les rivalités. Il ne permet plus de jouer un rôle significatif de cohésion sociale.

 

 

Avec la crise, la seule donnée qui s’accroît régulièrement c’est le chômage! Le combat contre le chômage nécessite de bien comprendre les causes du chômage. Le chômage classique nécessite des mesures spécifiques et d’autres pour le chômage keynésiens ou encore le chômage structurel. Face au ressentiment provoqué par le chômage qui exclue l’individu, il faut agir rapidement, car la cohésion sociale est en cause.

Philippe Herry 

MAJ 03/18.                     

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