Analyse de la croissance économique

« Croissance, croissance, est-ce que j’ai une gueule de croissance? » En détournant les fameuses paroles d’Arletty dans le célèbre film Hôtel du Nord (1938), on met l’accent sur la question de la croissance économique. Qu’est-ce que c’est? Comment mesure-t-on la croissance? Peut-on critiquer la mesure? Quelles sont les sources de la croissance?

Les notions du programme à connaître: PIB, IDH, investissement, progrès technique, croissance endogène, productivité globale des facteurs, facteur travail, facteur capital

 

I. Comment mesurer l’activité économique?

A La croissance et le PIB

La croissance économique est “une augmentation soutenue pendant une ou plusieurs périodes longues, d’un indicateur de croissance, le produit gloabl réel” (F. Perroux)

Sur le temps long, les deux derniers millénaires, nous pouvons repérer les caractéristiques majeures de la croissance économique:

La croissance économique est un phénomène récent. Pendant des siècles, l’histoire se caractérise par une quasi stagnation de la croissance économique. Les guerres, les famines, les maladies, remettent périodiquement en cause une possible expansion. A partir de la fin du Moyen-Age apparaît les premiers soubresauts d’une croissance économique. Mais c’est avec la Révolution Industrielle, qui commence en Angleterre puis en France et se poursuit dans les ‘late-comers’ Allemagne et Amértique du Nord, que s’installe définitivement un mode de vie rythmé par la croissance économique mais aussi les instabilités de cette croissance économique. Ainsi le PIB mondial va être multiplié par 5 entre en 1800 et 1940 Après la seconde guerre mondiale, pendant la période des ’30 glorieuses’ cette croissance va s’accélérer avant de connaitre de nouvelles instabilités depuis fin 1973.

Une croissance inégale dans le monde. Depuis la Révolution Industrielle amorcée à la fin du XVIIIe siècle en Angleterre, les rythmes de croissance dans le monde se sont séparés. On distingue alors plusieurs groupes de pays Si on reprend les dénominations de A. Maddison, l’économiste britannique qui s’est spécialisé dans l’analyse comparative de la croissance, on peut établir une distinction par zone géographique. Ainsi les pays anglo-saxons et les pays européens ont connu les accélérations de la croissance économique depuis le XIXe. Les pays du Moyen Orient et d’Asie de l’Est émergent depuis les années soixante dix. La zone Afrique connait une accélération de la croissance économique depuis peu mais avec des contrastes importants selon les pays.

Une croissance qui permet le développement. Il faut relire les extraits du livre de J. Fourastié, Les Trente Glorieuses ou la révolution invisible de 1946 à 1975, (1979), où il décrit les transformations du mode de vie à Douelle, un petit village du Quercy. Ainsi, la croissance économique va nourrir une augmentation du niveau de vie qui va transformer en profondeur le mode de vie de chacun.

La croissance permet la transformation de la société. La croissance est un phénomène quantitatif qui permet le développement autrement dit la transformation des modes de vie, des structures de la société. Le développement est un phénomène qualitatif

B. Le PIB: un agrégat utile pour mesurer la croissance?

Le Produit Intérieur Brut est un agrégat qui représente le résultat final de l’activité de production des résidents.

                                      Le saviez-vous?

A l’origine du PIB

C’est Simon Kuznets, célèbre économiste américain qui a mis au point en 1934 cet indicateur synthétique. Il fallait à l’époque connaître l’ampleur des dégâts causés par la crise de 1929 c’est pourquoi le Congrès américain en a fait la demande. On comprend mieux pourquoi cet indicateur de croissance économique prend en compte essentiellement les productions marchandes créées.

Il fut utilisé en France pour le première fois après la seconde guerre mondiale au moment où se met en place la Comptabilité Nationale. Depuis il a gardé sa place d’indicateur officiel de la croissance économique !

 

Le PIB peut se mesurer de trois façons différentes:

Soit on considère les activités réalisées à l’intérieur du pays: Valeurs Ajoutées + impôts sur les produits* – subventions sur les produits

Soit on considère les emplois à l’intérieur du pays: Consommation finale+ FBCF+ Stocks + (X – M)

Soit on considère l’ensemble des revenus (de facteurs) c’est à dire tous les revenus perçus en contrepartie de la participation à la production: salaires+ Excédent Brut d’Exploitation et revenus mixtes + impôts nets  sur la production et les importations

En 2014, le PIB de la France avoisine les 2100 milliards d’euros

Comme tu le sais l’essentiel de la production provient des entreprises mais cependant l’éducation, la santé, … les services administratifs sont pris en compte. On estime « arbitrairement » que leurs productions correspondent aux coûts de leurs productions;

* les impôts sur les produits: cela concerne essentiellement la TVA et la TICPE (Taxe Intérieur de Consommation sur les Produits Énergétiques). Au delà de la TVA à 20% qui concerne la majorité des produits, il y a la TVA à 5,5% qui concerne les produits alimentaires, les livres, les transports de voyageurs, les spectacles, … et le taux à 2,1% qui concerne certains travaux de rénovation du logement principal ou encore des régions de France qui bénéficie d’exceptions: les DOM ou la Corse.

 Alors que la croissance économique se définit par une augmentation soutenue de la production de biens et de services pendant une période donnée, généralement une période longue, en pratique l’indicateur de la croissance économique c’est la variation du PIB sur une année

 

Mais comment comparer des PIB entre pays qui ont des monnaies différentes et des taux de change flottants -le cours des monnaies évolue constamment entre elles-?  La solution: calculerle PIB selon la Parité du Pouvoir d’Achat (ppa)  PIB ppa

On peut ainsi dire que la Parité du Pouvoir d’Achat est une méthode qui permet de comparer les agrégats (souvent le PIB) de différents pays, sans que la comparaison soit affectée par l’évolution du taux de change.

Pour te familiariser avec cette notion, je te conseille de jeter un coup d’œil sur la fiche

C.  Les limites du PIB comme indicateur de croissance

Le PIB c’est trop! Trop de prise en compte de certaines activités qui ne représentent pas en réalité de la richesse. Ainsi les accidents de la route, les dégâts matériels qui vont nécessités des réparations, des bronchiolites en excès chez les nourrissons concernés par la pollution, représentent une aubaine pour le PIB puisque cela va engendrer des productions qui sont comptabilisées positivement dans le PIB.

Les économistes nord américains J. Tobin et Nordhaus ont mis en place le concept de dépenses défensives qui concernent l’ensemble de la production qui sert à réparer les dégâts liés à l’activité humaine

Le PIB c’est trop peu! Trop peu de prise en compte de certaines activités qui procurent pourtant beaucoup de bien être. Ainsi tu aides ta voisine âgée en faisant ses courses ou bien tu aides ton petit frère à faire ses exercices de SES à la maison. Tu veux venir en aide aux plus démunis en donnant bénévolement du temps pour les Restos du Cœur. Ce n’est pas pris en compte dans le PIB comme l’ensemble des activités non rémunérées qui procurent pourtant beaucoup de bien-être de solidarité, de richesse sociale. Plus les gens sont égoïstes et intéressés, plus cela est avantageux pour le PIB!

Plus généralement le PIB ne permet pas de prendre en compte ce qu’on appelle l’économie informelle . Cela recouvre l’ensemble des activités licites ou illicites qui ne sont pas déclarées. Les activités licites peuvent correspondent à l’économie familiale comme on l’a montré ci-dessus et pour les entreprise c’est ce qu’on appelle communément le travail au noir. Les activités illicites c’est les trafics en tout genre de la drogue à la «traite des blanches » en passant par les trafics d’armes ou d’organes. Dans certaines régions, pour certains pays, cela représente des montants faramineux qui ne sont pas comptabilisés dans la richesse du pays

Pour aller plus loin, on peut critiquer le fait que le PIB  est une mesure de ‘avoir’ alors qu’aujourd’hui dans les sociétés post-moderne on souhaiterait plutôt mesurer le bien-être. Pendant son séjour au Centre for Advanced Study à l’université de Stanford, en 1974, l’économiste Richard Easterlin a mesuré l’effet du revenu sur le bien-être déclaré et il est à l’origine de ce que l’on appelle aujourd’hui le paradoxe d’Easterlin. A long terme l’augmentation du revenu ne se traduit pas par une satisfaction accrue. On peut illustrer facilement ce problème. En effet plus de croissance économique, cela signifie également plus de trafics sur les routes, plus de pollution, des problème de sécurité, mais aussi une augmentation de la frustration.

Finalement, nous ne pouvons pas faire dire au PIB ce pourquoi il n’a pas été construit.Le PIB est une mesure quantitative qui permet d’extrapoler sur la qualité de la vie, mais le lien doit être relativisé.

Peut-on alors mesurer le développement?

D. L’ IDH un meilleur indicateur de développement

L’Indice de Développement Humain (IDH), n’est pas nouveau pour toi. Déjà en fin de primaire, tu évoquais cette notion et tu l’as repris régulièrement au collège. Alors, dans l’optique du baccalauréat, reprenons et complétons ce que tu connais.

C’est notamment l’économiste d’origine indienne A.Sen, prix Nobel d’économie en 1998, qui a mis au point cet indice pour le Programme des Nations Unis pour le Développement.

L’IDH est un indice composite, cela signifie qu’il est composé de plusieurs indices. Il intègre la longévité mesuré par l’espérance de vie, le savoir qui se mesure par la durée moyenne de scolarisation pour les adultes de plus de 25 ans et la durée attendue de scolarisation pour les enfants d’âge scolaire, et finalement le niveau de vie calculé grâce au Revenu National Brut par habitant et calculé en parité de pouvoir d’achat (ppa) et en dollar. L’indice se mesure entre 0 et 1. Les pays qui approchent 0 sont marqués par d’énormes problèmes de développement et inversement lorsque les pays approchent 1.

 Reprends dans la fiche méthode les exercices type bac liés à l’IDH

 

II Les sources de la croissance

Nous abordons ici une question fondamentale en économie. Quels sont les facteurs de la croissance? Pourquoi certains pays se « développent » et d’autres non? Comment expliquer le développement fulgurant de la Chine depuis les années 80 et inversement les problèmes persistants pour de nombreux pays africains?

A Le modèle traditionnel

Nous avons vu dans les thèmes économiques de première que les économistes raisonnent en faisant des modèles économiques c’est à dire une représentation simplifiée de la réalité, basée sur des hypothèses. Jetons un regard sur les premiers modèles de croissance économique.

 

                                      Le saviez-vous?

Les facteurs de production

Pour les économistes classiques, il y avait trois facteurs de production; la terre, un facteur fixe qui procurait au propriétaire une rente et les 2 facteurs variables donc cumulables, le facteur travail autrement dit les travailleurs et le facteur capital. Cela est conforme à la société du XIXe où prédominait encore un monde paysan important. Face à la toute puissance de l’industrie montante et donc au facteur capital qui devient dominant, on comprend également que les économistes néo-classiques de la fin du XIXe siècle ne retiennent plus que deux facteurs, le travail et le capital. Finalement, la vision de l’économie est liée à la société dans laquelle on évolue!

 

 Depuis les économistes néo-classiques on considère qu’il existe deux facteurs de production. Le facteur capital et facteur travail. L’économiste Solow a synthétisé cette idée par sa célèbre formule

Q = f(K,N) avec Q représentant la production, K le capital et N le facteur travail

Autrement dit la production réalisée est le résultat des deux facteurs de production employés dans la combinaison productive (ce mot te rappelle des souvenirs de première, non?), le facteur travail et le facteur capital.

Le facteur travail correspond à la quantité de travail utilisée pour produire des biens et des services. Le facteur travail peut correspondre au nombre de travailleurs multiplié par les heures de travail réalisées par chaque travailleur.

Petit complément: le facteur travail est mécaniquement lié à la population active occupée, c’est à dire la population qui travaille ou qui cherche à travailler et qui n’est pas au chômage. Lorsque la population active augmente cela a une effet d’entrainement sur la croissance. Les 2,5 millions d’immigrés en moyenne qui arrivent chaque année aux États-Unis sont un atout important pour sa croissance. Ainsi on sent qu’il existe un lien entre la croissance démographique et croissance économique. C’est un sujet passionnant mais complexe qui nous entrainerait sur des idées liées au thème 1 de la spécialité économie approfondie.

Le facteur capital représente selon les néo-classiques les deuxième facteur de production qui permet de produire des biens et des services. Il correspond selon eux au capital fixe c’est à dire le stock de biens durables destiné à être utilisé pendant au moins un an dans le processus productif. Concrètement, cela représente les bâtiments et l’ensemble des biens de production y compris certains services comme les logiciels.

Nous rappelons que le capital fixe se renouvelle grâce à la Formation Brute de Capital Fixe (FBCF). Cette notion définie par l’INSEE mesure finalement l’investissement.

Pour autant, dans nos économies modernes, il est nécessaire de faire la distinction entre  la croissance extensive et la croissance intensive. 

La croissance extensive correspond à la croissance liée à l’augmentation des facteurs de production. Mais dans nos économies modernes, la croissance est souvent intensive, ce qui signifie  qu’elle est liée au progrès technique, c’est-à-dire une augmentation des quantités produites sans augmentation du facteur capital ou travail employé. 

Des études empiriques ont montré que le progrès technique explique au minimum 50% de la croissance économique. Cela explique le nouveau regard porté sur la croissance économique à partir de la fin des années 70.

B Progrès technique et croissance endogène

Le progrès technique, c’est l’augmentation de la connaissance appliquée à la production finalement on peut considérer que le progrès technique c’est l’ensemble des innovations.

Le progrès technique permet de produire plus pour une quantité donnée de facteurs de production ou il permet de produire autant avec moins de facteurs de production ou encore il permet la production des biens nouveaux ou de meilleurs qualité.

Le progrès technique se mesure grâce à la productivité

Plus précisément on peut définir la productivité globale des facteurs. qui correspond au volume de production réalisé rapporté à l’ensemble des facteurs de production utilisés.

 

Les modèles traditionnels de la croissance prenant en compte le progrès technique considéraient que le progrès technique était une variable exogène. Solow, économiste américain disait: le progrès technique est une manne tombée du ciel.  Autrement dit, on doit prendre en compte cette variable mais elle ne s’explique pas économiquement.

Petit complément sur la notion de variable exogène et endogène:

Une variable est dite exogène lorsque c’est une donnée non expliquée par le modèle. Inversement la variable est dite endogène lorsqu’elle est déterminée par le modèle. Par exemple, si on reprend l’idée qu’avec le développement la croissance démographique diminue alors on peut considèrer que le taux de fécondité est lié à des facteurs psychologiques, comportementales que l’économie n’explique pas. La variable est donc exogène. Si on considère par contre que le taux de fécondité est lié au niveau de vie, aux nouvelles attentes vis-à-vis d’un nouveau né, cette variable est alors expliquée par des données économiques. C’est une variable endogène.

De nouveaux économistes comme Paul Romer, Robert Barro ou encore Robert Lucas, vont développer dans les année 80, les théories de la croissance endogène.

La croissance endogène est une nouvelle théorie qui intègrent quatre facteurs explicatifs de la croissance, les rendements croissants et les externalités positives comme l’intervention de l’État , la Recherche et Développement et l’accumulation de capital humain

. les rendements croissants? Il faut se rappeler ce qu’on appelle la loi des rendements décroissants vue en première. Lorsqu’on augmente un facteur de production, l’autre facteur restant fixe, la productivité marginale (le rendement marginal) diminue. Ainsi, pour reprendre l’exemple de Ricardo, lorsque les premiers agriculteurs s’installent, ils récupèrent les terres les plus fertiles et au fur et à mesure que les besoins agricoles augmentent, les nouveaux agriculteurs s’installent sur de nouvelles terres moins fertiles donc moins productives.  La loi des rendements croissants, c’est l’inverse. la quantité de production augmente plus que proportionnellement à la quantité de facteur de production supplémentaire utilisée. En effet, nos nouvelles économies ont modifié les lois qui semblaient ‘naturelles’ aux économistes néo-classiques. Nous sommes aujourd’hui dans une nouvelle économie, que certains qualifie d’économie de l’information. Ainsi, la diffusion des nouveaux savoirs, les logiciels, les nouveaux procédés de production ont des rendements croissants.

. les externalités positives? Rappelons que les externalités ou effet externe sont les conséquences positives (ou négatives) d’une action économique sans que cela soit pris en compte par le marché. C’est l’exemple donné par Mead de l’apiculteur qui produit beaucoup d’externalités positives aux agriculteurs environnants grâce à la pollinisation des plantes. Or il s’avère que dans nos économies moderne, on peut inciter à la création d’externalités positives. Prenons le cas simple des technopoles. Le regroupement des entreprises dans un certain périmètre crée des synergies favorable à la croissance économique.

. le capital humain? La notion de capital humain a été inventée par l’économiste américain du développement Théodore Schultz et popularisée par Gary Becker (prix Nobel d’économie en 1992). Le capital humain représente l’ensemble des connaissances et des savoir-faire d’un individu.On comprend aisément que plus l’Etat investit dans l’éducation, plus il a de chance d’avoir des travailleurs qualifiés qui vont participer à une croissance économique plus soutenue. Finalement, le capital humain est une donnée endogène puisqu’elle recherchée et autoentretenue par les institutions publiques.

. la Recherche et Développement? Si l’Etat ou la zone économique crée des incitations à la recherche par des déductions fiscales ou des subventions alors on comprend que le gain de croissance économique réalisé est directement lié aux efforts réalisés. 

Finalement les théories de la croissance endogène permettent de mettre en avant tout ce qui peut favoriser l’innovation. Ainsi certains pays vont mettre l’accent sur l’éducation ou la recherche. D’autres vont favoriser la mise en place d’infrastructures de communication performantes et d’autres régions vont stimuler les liens entre les laboratoires publics de recherche et les entrepreneurs privés. Il existe ainsi une pluralité de possibilités pour créer de la croissance économique. Il n’existe pas un modèle unique de développement.

D’autre part les théories de la croissance endogène permettent d’expliquer en partie le retard de développement de certains pays qui n’ont pas mis en place les structures permettant l’émergence d’innovations et l’adoption et la diffusion de celle ci par les entreprises.

Nous venons de voir les trois facteurs de production qui permettent la croissance, le travail, la capital et le progrès technique. Pour autant au delà de ces facteurs économiques, on peut considérer que la croissance économique nécessitent des règles, une organisation, un contrôle social, … autrement dit des institutions formelles et informelles

petit complément: les économistes orthodoxes considèrent que l’étude des institutions n’est plus du ressort de l’économie car cela nécessite des repères historiques , sociologiques. D’autres économistes au contraire pensent qu’on ne peut pas étudier l’économie sans faire référence aux institutions. On peut les classer dans le groupe des institutionnalistes.

C Le rôle des institutions et des droits de propriété

les institutions sont l’ensemble des règles formelles ou informelles qui organisent la société et qui s’imposent aux individus.  Par exemple, les lois, les règlements, les codes représentent les institutions formelles alors que les normes sociales, les valeurs, les habitudes, les routines, représentent les institutions informelles.

Les institutions sont à la base du fonctionnement plus ou moins bon de l’économie d’un pays.

Deux exemples:

Les règles juridiques encadrent le fonctionnement des entreprises. Par exemple, la croissance d’une entreprise nécessite des capitaux financiers. Avec la naissance des  Sociétés Anonymes règlementées en France en 1867,  de nombreuses entreprises vont pouvoir prendre leur essor et participer ainsi à la croissance économique du pays.

Les règles informelles sont plus difficiles à mesurer, mais elle s’explique très bien. Si Certaines valeurs, comme le travail, l’obéissance, la tolérance, le respect de l’autre sont partagées par un grand nombre de citoyens alors cette forme d’institutions informelles est facteur de croissance économique.

 

Parmi, les institutions formelles qui favorisent la croissance économique on retrouve les droits de propriété. Pour définir les droits de propriété on reprend traditionnellement la formule latine, Usus, Frutus, Abusus

Ainsi, le droit de propriété permet de disposer d’un actif, de gagner des revenus (fructus) et d’en jouir comme nous semble et notamment de le vendre (abusus).

Les droits de propriété bien définis permettent ainsi de protéger les inventeurs. Cela se fait grâce aux brevets ou aux copyrights. C’est donc une forte incitation à innover puisque le dépot des brevets peut permettre l’exploitation financière de l’innovation en évitant le piratage, la contre-façon illégale. Quand on sait depuis l’économiste autrichien J.A Schumpeter (1883-1950) que l’innovation est le moteur de la croissance alors on comprend le rôle primordial des droits de propriété.

Complément  avec Les économistes contemporains, Rodrik et Subramanian: la primauté des institutions, 2003 

Philippe Herry 

MAJ 09/16. Si tu le souhaites, tu peux laisser un commentaire ci-dessous.

 

 

 

 

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